Ma semaine dans le cadre d’un déploiement visant à lutter contre les feux de forêt – par la gendarme Julie Klaussner

Ridge Meadows, feuxforêtCB, Voiciquinoussommes

2021-09-22 10:40 HAP

Dossier nº Lettre d’opinion

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Lettre d’opinion

Ma semaine dans le cadre d’un déploiement visant à lutter contre les feux de forêt – par la gendarme Julie Klaussner

Il est 16 h 30 et mon réveille-matin vient tout juste de cesser de sonner.

En fait, je suis réveillée depuis quelques heures. Le quart de nuit dérègle mon horloge interne. Alors que je suis allongée, je me rappelle à quel point la saison des feux de forêt de cette année a commencé tôt et de la forte probabilité que je sois appelée à l’action. Le temps passé loin de ma famille fait en sorte que la situation est difficile sur le plan personnel, mais à la fois très gratifiante.

Je sais que l’on a besoin de nous.

Nous ne savons jamais où nous serons envoyés avant le jour même du déploiement. Lors de mon arrivée au Centre de formation de la région du Pacifique, à Chilliwack, en Colombie-Britannique, on m’a dit que je serais déployée à Whiterock Lake, dans la région du Vernon, en Colombie-Britannique, où sévit un feu de forêt. Je suis reconnaissante du fait d’avoir dû m’y rendre en camionnette et d’avoir manqué l’autobus. Je me suis retrouvée dans le véhicule en compagnie d’un ancien collègue que je n’avais pas revu depuis la fin de ma formation à la Division Dépôt, il y a 12 ans.

À mon arrivée à Vernon, je me suis installée dans la chambre où j’habiterai pendant les huit prochains jours du déploiement pour faire face aux quarts de nuit auxquels je redoute tant. Je ne me plains pas (d’accord… peut-être un peu), mais pour une agente de police qui n’a pas travaillé de nuit depuis neuf ans, cela est difficile pour plusieurs raisons. Premièrement, mon corps n’y est pas habitué et, deuxièmement, je tente de rester en contact étroit avec les membres de ma famille qui trouvent difficile le fait que je ne sois pas à la maison pendant une semaine, car ils oublient que je travaille comme agente de police. Je me rends compte à quel point je suis chanceuse d’occuper un poste de jour. J’ai une pensée particulière pour mes confrères et consœurs, de l’ensemble du pays, qui font régulièrement des heures de zombies. Je remercie tous ceux et celles qui font régulièrement des quarts de nuit. Vous avez toute mon admiration.

Nous avons passé la première nuit à exécuter des ordres d’évaluation. Cela a été difficile.

Cela n’a pas été difficile pour moi, mais plutôt pour les citoyens qui devaient évacuer. Les habitants du secteur auquel j’étais affecté avaient déjà dû évacué à trois reprises, pour se faire ensuite dire plusieurs fois qu’ils pouvaient retourner chez eux en raison des changements de l’évolution des feux de forêt. C’est ce genre de désagréments que les feux de forêt causent à une communauté. Les émotions sont mises à dure épreuve. Je me suis sentie empathique à l’égard de ces gens. Je pense au village de Lytton, en Colombie Britannique, qui a été littéralement rayé de la carte il y a quelques semaines.

Les autres nuits, nous nous sommes déplacés dans la collectivité en empruntant des routes de campagne désertes… où il n’y avait que nous, des chevreuils, des renards et des ours tentant de se protéger contre les feux, sans oublier les chemins de campagne sinueux qui retardent les déplacements des services d’urgence. Les services d’urgence nécessitent probablement beaucoup plus de temps pour se rendre à un endroit donné comparativement aux endroits où vous et moi vivons.

 
 

Nous conduisions toute la nuit à la recherche de foyers secondaires, mais nous patrouillons également afin de protéger les propriétés des gens, non seulement contre les feux, mais également contre les pillards potentiels. Les criminels peuvent être de vrais abrutis et être prêts à saisir toutes les occasions pour profiter de la situation. Cela me met en colère.

Chaque matin, à la fin de mon quart de travail, je me couche avec l’odeur désagréable de la fumée dans mon nez et mes cheveux. Quand je m’allonge pour me reposer, je ne peux m’empêcher de réfléchir à un moment survenu dans la journée.

Plus tôt dans la soirée, une femme m’a abordé au moment où je sortais pour commencer mon quart. Elle était préoccupée du fait que je vivais à l’hôtel, pensant que j’avais été déplacée en raison du feu. Elle avait été elle-même évacuée depuis déjà un mois. Lorsque je lui ai dit que j’étais là pour apporter mon aide en raison des feux de forêt, elle s’est montrée très reconnaissance et m’a remercié de mon service. Voilà une personne dont la vie a été touchée de manière importante par cette situation…. et qui s’inquiète à mon sujet?!

On dit que « l’union fait la force », et j’ai un époux plutôt extraordinaire qui appuie mes décisions professionnelles. Il m’a ainsi fourni son appui lors de mon deuxième détachement de l’été en faisant généralement en sorte que les choses fonctionnent bien. Lorsque je termine une semaine difficile, j’ai une maison où retourner, ce que beaucoup de gens là-bas n’ont pas la chance d’avoir.

Je tiens à remercier sincèrement le Service d’incendie et de sauvetage de North Westside de nous avoir donné accès à ses installations pour que nous puissions disposer d’un endroit où se reposer et d’une salle de bain, ainsi que les nombreux citoyens qui ont apporté des repas cuisinés maison, des biscuits et des boissons. Le Détachement de la GRC de Ridge Meadows a envoyé 22 membres en déploiement tout au long de la saison des feux. Je ne peux pas m’imaginer les conséquences que cela a eu sur la Gendarmerie à l’échelle provinciale et nationale.

C’est ce que les agents de police et le personnel des services d’incendie font chaque saison des feux. La raison est que nous voulons tous aider les gens.

Je sais que l’on a besoin de nous.
 

Diffusé par :

Gend. Julie Klaussner

Agente des relations avec les médias
GRC de Ridge Meadows
ridgemeadows.rcmp-grc.gc.ca (en anglais seulement)
11990 Haney Place, Maple Ridge (C.-B.) V2X 9B8

Courriel : julie.klaussner@rcmp-grc.gc.ca

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